Revenus passifs crypto : ce que « je n’ai rien vendu » ne couvre pas

Revenus passifs crypto
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Dans mes dossiers de régularisation, la plus-value n’est pas toujours le sujet principal. Souvent, ce n’est même pas le sujet du tout.

Le vrai sujet, c’est ce que le client n’a jamais identifié comme un revenu.

Vendre et recevoir sont deux choses différentes

Tant qu’aucun actif numérique n’a été cédé contre des euros ou n’a servi à régler un bien ou un service, il n’y a pas de plus-value imposable. C’est exact, et c’est le raisonnement que tiennent la plupart des détenteurs.

Il ne couvre qu’une partie du sujet. Le staking, le lending, le farming, les récompenses de play-to-earn, les programmes de rendement de certaines plateformes ne produisent pas des plus-values. Ils produisent des revenus. Et pour l’essentiel, ces revenus sont imposables à la réception, sans qu’aucune cession soit intervenue.

Un portefeuille en perte, jamais vendu, peut donc dissimuler plusieurs années de revenus non déclarés.

Comment de petits gains quotidiens deviennent un vrai sujet

Prenons un cas que je rencontre couramment.

Un client stake trois actifs différents depuis 2021. Les récompenses tombent chaque jour, parfois à chaque bloc. Prises isolément, elles ne ressemblent à rien : quelques euros, souvent quelques centimes. Elles s’accumulent dans un coin du portefeuille et n’apparaissent nulle part comme un revenu.

Aucun relevé ne vient les récapituler au mois de mars. Aucune banque n’envoie de justificatif. Rien n’attire l’attention.

Sur quatre ans et trois protocoles, cela représente plusieurs milliers de réceptions et, dans les dossiers que je traite, régulièrement plusieurs milliers d’euros par an. Le client, lui, est convaincu de n’avoir rien touché.

Deuxième difficulté : l’imposition porte sur la valeur du jeton au jour où il est reçu. Ce qui se passe ensuite ne l’efface pas. J’ai traité des situations où il ne restait presque rien de récompenses cumulées à plusieurs dizaines de milliers d’euros, le jeton s’étant effondré entretemps. La perte de valeur ultérieure relève d’une logique différente et ne vient pas neutraliser le revenu déjà constitué.

Sur quelles années je reconstitue, et pourquoi

C’est le premier arbitrage d’un dossier, et il est souvent mal posé.

Beaucoup de clients arrivent en pensant qu’il faut tout reprendre depuis le premier achat, en 2017 ou 2018. Ce n’est ni nécessaire ni souhaitable : cela alourdit le dossier, allonge les délais et fait exploser le coût, sans améliorer votre position.

Le périmètre utile est celui des années sur lesquelles l’administration peut encore agir. En matière d’impôt sur le revenu, son droit de reprise couvre en principe les trois années qui précèdent. Ce délai est porté à dix ans lorsque des comptes d’actifs numériques détenus à l’étranger n’ont pas été déclarés, ce qui est le cas dans la grande majorité des dossiers crypto.

Concrètement, la première chose que je détermine, avant tout calcul, c’est votre année de départ. Elle dépend de vos plateformes, de leur localisation, de ce qui a été déclaré ou non, et des revenus perçus.

Ce cadrage change tout. Sur un même historique, selon la réponse, on reconstitue trois exercices ou dix. Et je préfère vous le dire avant d’ouvrir le dossier plutôt qu’après.

Les années antérieures ne disparaissent pas pour autant du travail : elles servent à établir votre prix d’acquisition, qui conditionne le calcul de vos futures plus-values. Mais elles ne font pas l’objet du même traitement déclaratif.

Ce que fait concrètement mon outil de calcul

J’ai développé un outil propre au cabinet. Ce n’est pas une plateforme en ligne : il n’est pas accessible depuis internet, il est hébergé en interne et je suis la seule à y avoir accès. Vos fichiers ne transitent par aucun prestataire tiers.

Sur les revenus passifs, il fait quatre choses que les agrégateurs grand public font mal ou pas du tout.

Il distingue une récompense d’un simple transfert entrant. C’est l’erreur la plus fréquente des outils du marché, qui traitent souvent une récompense de staking comme un dépôt, ce qui la fait disparaître du calcul.

Il isole vos transferts internes. Un mouvement entre deux de vos propres portefeuilles n’est ni un revenu ni une cession, mais il ressemble aux deux dans un export brut.

Il valorise chaque réception à sa date, en euros. Sur une année de staking quotidien réparti sur plusieurs protocoles, cela représente des milliers de valorisations distinctes. Les sources de cours retenues sont documentées.

Il produit une restitution année par année, alignée sur le périmètre de prescription retenu, séparant les revenus perçus des plus-values réalisées. C’est ce document qui sert de base au dossier déposé auprès de l’administration, et c’est lui qui permet de justifier chaque chiffre si la question est posée.

Ce que je vous demande de récupérer

C’est la seule étape où votre implication est réellement sollicitée, et c’est presque toujours elle qui conditionne le délai.

Les exports complets de chaque plateforme utilisée, sur toute la période, transactions et récompenses comprises. Les adresses publiques de vos wallets, pour la reconstitution on-chain. La liste des protocoles sur lesquels vous avez immobilisé des actifs, même brièvement. Et les accès aux plateformes encore actives, quand un export historique doit être demandé au support.

Je vous adresse une liste précise, support par support, avec le format attendu. Pour les plateformes fermées ou les comptes clôturés, nous cherchons ensemble ce qui reste récupérable, et je documente ce qui ne l’est pas.

Le cas des airdrops

Ils ne se ressemblent pas tous, et je les traite séparément.

Un jeton reçu sans aucune contrepartie n’appelle pas la même analyse qu’un jeton attribué en récompense d’une activité sur un protocole, d’un apport de liquidité, d’un test de version ou d’une participation à une communauté. La question centrale est celle de la contrepartie : qu’avez-vous fait, exactement, pour recevoir ces jetons ?

L’analyse se mène au cas par cas, à partir des conditions réelles d’attribution. C’est un point sur lequel je vois régulièrement des positions tranchées un peu vite, dans un sens comme dans l’autre.

Trois points pratiques

Ne pas conclure de l’absence de vente à l’absence d’obligation. Ce sont deux régimes distincts, et le second se déclenche sans le premier.

Ne pas attendre la première cession si des revenus ont été perçus. Un client sans revenu passif peut préparer sa situation tranquillement. Un client qui stake depuis 2021 est sur des années déjà échues, et le sujet ne peut pas attendre.

Ne pas négliger l’effet sur la suite. Un jeton reçu et conservé entre dans votre portefeuille et pèsera dans le calcul de vos futures plus-values. Le chiffrage fait aujourd’hui sert deux fois.

Le cabinet JBLA vous accompagne dans toutes vos problématiques fiscales, en France comme à l’international.